· A propos du match de Peter face à Novak Djokovic au 2ème Tour de Montréal
Quand la 225ème raquette au monde affronte le 4ème meilleur joueur du circuit, les attentes ne sont pas trop élevées. Reste que le jeune Canadien Peter Polansky est très loin d'avoir eu l'air fou, hier sur le court central, même qu'il a fait écarquiller bien des yeux lors de son duel avec Novak Djokovic.
À commencer probablement par ceux du Serbe, qui a dû batailler ferme pendant deux heures pour l'emporter 6/4 et 7/6 (8-6).
Pour tout dire, on prévoyait le massacre, on a plutôt eu droit à un match.
«Par moment, j'étais capable de compétitionner avec lui. À d'autres moments, je faisais juste un peu trop d'erreurs, ce qui montrait que j'étais le joueur le plus faible des deux», a commenté Polansky.
Il a aussi dit regretter que son service ne soit pas plus efficace, lui qui a réussi seulement 51 % de ses premières balles. «Mais en général j'ai bien joué. C'est une expérience fantastique de jouer devant une telle foule. C'est plate que j'aie perdu, mais c'est bon pour ma confiance», a-t-il ajouté.
En avance 3/0
Le jeune Ontarien de 22 ans -deuxième meilleur joueur au pays derrière Fran Dancevic (105e au monde)- avait même pris les devants 3/0 à la première manche. Un peu à la grande surprise de tout le monde dans le stade, pour être honnête.
Même si Polansky a ensuite continuer de tenir étonnamment son bout, la logique était déjà rétablie après 30 minutes de jeu : le Serbe avait ramené ça à 3/3 en breakant son service deux fois de suite.
Puis une petite vingtaine de minutes plus tard, Djokovic s'assurait de la première manche au compte de 6/4.
À la deuxième manche, les adversaires ont fait jeu égal jusqu'au tie-break. En avance 4/3, Polansky a forcé Djokovic à sauver trois balles de break de service. Puis, il a lui-même dû en sauver deux à son tour quelques jeux plus tard pour prendre les devants 6/5. Il a été incapable alors de breaker Djokovic pour rafler le jeu décisif.
Djokovic rouillé
«J'ai été capable de hausser mon jeu lorsqu'il le fallait. Je suis content d'avoir fini ça en deux manches», a d'ailleurs souligné Novak Djokovic, qui en était à son premier match depuis Wimbledon.
Il semblait d'ailleurs un peu rouillé. À deux reprises, il a commis des doubles fautes à des moments indus, notamment pour permettre à Polansky de breaker son service au tout début de l'affrontement.
«Pendant les premiers jeux, j'étais nerveux, je suais beaucoup. J'ai eu de la difficulté à trouver le bon rythme, a-t-il expliqué. Et je lui ai donné trop de chances faciles de prendre le contrôle du jeu. Je joue un peu trop défensif, j'en suis conscient.»
Sur Polansky, le vainqueur a remarqué son puissant coup droit. «C'est sa force et son arme», a souligné Djokovic, qui s'est amené devant la presse avec un t-shirt I love Montreal.
· Peter Polansky, le somnambule de l'US Open
Le tennisman canadien souffre de crises de somnambulisme qui ont failli lui coûter une jambe.
Issu des qualifications et actuellement classé 202ème mondial à l'ATP, Peter Polansky est un joueur atypique sur le circuit professionnel. En avril 2006, alors qu'il venait d'être convoqué à seulement 18 ans comme remplaçant dans l'équipe canadienne de Coupe Davis pour affronter le Mexique, il a en effet frôlé l'amputation après avoir sauté par la fenêtre de sa chambre d'hôtel. La faute à une vilaine crise de somnambulisme.
La première chose dont Peter Polansky se souvient, c'est qu'il s'est réveillé étendu dans la cour de l'hôtel après qu'un arbuste ait miraculeusement ralenti sa chute du troisième étage. Il n'avait pas un seul os cassé, mais une artère du mollet gauche sectionnée par les bris de verre occasionnés par son saut à travers la fenêtre. D'après les informations avancées par le quotidien espagnol Sport, les médecins auraient hésité durant plusieurs heures sur la nécessité d'une amputation avant de finalement opter pour une délicate opération. Au final, après trois heures d'intervention chirurgicale, Polansky est sorti de la salle d'opération avec 400 points de suture sur le mollet gauche et une grande incertitude quant à la suite de sa carrière professionnelle. Des doutes rapidement effacés, puisque trois mois après l'accident (dont deux passés sur un fauteuil roulant), le joueur était, contre tous les pronostics médicaux, de retour à l'entraînement sur un court de tennis.
Aujourd'hui, on ignore si Peter Polansky souffre toujours de somnambulisme, mais ron retour au plus haut niveau force l'admiration. Il est d'ailleurs le seul joueur du circuit ATP a avoir disputé en 2009 trois tournois du Grand Chelem –Open d'Australie, Roland Garros et US Open- après être passé par les phases de qualification. Opposé cette nuit à l'Espagnol Guillermo Garcia-Lopez, 50è mondial, il n'est pas passé loin d'un nouvel exploit mais quitte finalement la compétition après s'être incliné en cinq sets (4/6 4/6, 7/5 6/3 et 6/1).